Category Archives: Pensées pour vivre

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Éloge de la pâquerette

J’aspire de tout mon être à la sagesse de la pâquerette
qui offre son cœur de son vivant,
à ras la terre

La verra-t-on, ne la verra-t-on pas ?
Que lui importe, elle rit!
Été comme hiver, elle rit…
Sans même chercher à laisser un souvenir…
Elle sait bien que tout s’efface
Sauf l’Amour, qui, graine après graine, poursuit sa trace…

Michèlle

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C’est à quel moment du culte que je peux demander pardon à Dieu ?

« C’est à quel moment du culte que je peux demander pardon à Dieu ? ».

Elle lève sa frimousse de 10 ans vers moi. Avec d’autres enfants, nous sommes en train de préparer un culte en famille. Ils sont répartis en groupes qui réfléchissent aux différents moments du culte (eh oui, chaque prière a un sens différent).

Sa question me surprend, parce que cette prière-là, « Demander et recevoir pardon », je ne l’avais pas prévue. Un peu pour raccourcir le culte, mais aussi, pour contourner le sujet épineux du péché.

« Tu as envie de demander pardon ? ». Ma question suscite chez elle un regard étonné et un peu peiné par mon manque de finesse. « Bien sûr ! » me répond-elle en haussant les épaules, avant de retourner dans son groupe pour choisir des sujets pour la prière de louange (« Dire merci à Dieu »). Je la regarde et du peu que je sais d’elle, si quelqu’un devait demander pardon à l’autre, la balle serait plutôt dans le camp de la vie.

Pourtant, d’instinct, elle a senti que le culte, ce moment que Dieu nous offre, c’est aussi un temps privilégié pour se dévoiler, pour se délivrer d’un fardeau. Ensemble, les enfants décident de prévoir pendant le culte un panier pour que chacun puisse déposer quelque chose qui lui pèse.

« En effet, même si notre cœur nous condamne, nous savons que Dieu est plus grand que notre cœur et qu’il connaît tout. » Première Epître de Jean, 3,20

– Ariane Baehni, pasteure suffragante à Vallorbe

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Il faisait bleu, le ciel était beau

Il faisait bleu, le ciel était beau
Et cette lumière, vive et douce à la fois des premiers rayons  automnaux
Je contemplais le lac d’huile aux reflets lilas, des accents moirés vibrant à peine sous une brise aussi légère qu’un effleurement de doigts
Quelle paix…
Quelle douceur…
Mon Dieu que c’est beau !
J’ai allumé la radio.
Pourquoi ai-je allumé la radio ? Je ne sais pas…
Peut-être un espoir ?
J’ai entendu les nouvelles. Les mots ont giclé. Les mots, beaucoup de maux…
Des annonces comme des tirs de roquettes ont fait voler en éclat, beauté, calme et douceur.
Il faisait bleu, le ciel était beau, un lac d’huile…
La nuit le jour, un jour de nuit, là-bas quelque part, un autre regard…
Et le bleu à l’âme j’ai fermé les yeux.
Une brise légère comme un effleurement de doigts tout contre mon visage,
Juste un souffle…
L’écho des mots de Victor Hugo:
« Depuis six mille ans, la guerre plaît aux peuples querelleurs,
Et  Dieu perd son temps à faire les étoiles et les fleurs. »
J’ai éteint la radio.
Je sais pourquoi.
Je suis partie écouter les fleurs…
– Michèlle

Eternité…

L’autre jour, j’ai entendu: «Un jour, nous vivrons éternellement.»
J’ai trouvé cela étrange, un jour… éternellement…
J’ai pensé au petit poisson nageant dans l’océan
«Un jour, je nagerai dans l’océan»
«Un jour, nous vivrons éternellement»
Dans un futur, l’éternité?
Un présent dans l’éternité…
Un éternel présent alors?
Pourquoi pas aujourd’hui?…

Michèlle Chaubert

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La flaque…

J’ai contemplé le reflet du ciel dans une flaque,
J’ai vu le ciel et la terre en même temps…
Puis j’ai levé les yeux vers le ciel,
Je n’ai vu que lui.
Dans son infini mon regard s’est enfui.
Combien j’aime les flaques, déposées par la pluie…

Michèlle Chaubert

Photo: Eden-Lys CC by- nc-sa

«Il n’y a qu’un remède à l’amour: aimer davantage»

Cette parole d’Henry David Thoreau ne cesse de m’interpeler depuis que je l’ai lue sur un tourniquet en plein Lyon, s’arrêtant sous mes yeux comme je l’ai arrêtée nette, alors qu’elle valsait sous les doigts des quelques passants. Une carte de couleur jaune, jaune comme l’éclat du soleil, écrite en blanc, blanc comme un rayon déposant sa trace de lumière. Une carte jaune parmi d’autres couleurs, d’autres paroles sages semées en plein Lyon, un jour de vacances, jetées en pâture aux yeux hasardeux des promeneurs. Des chercheurs, peut-être, qui ne savent ce qu’ils cherchent ?…
Une réponse? Un sens? Une étincelle? Un remède à l’amour?
«Il n’y a qu’un remède à l’amour: aimer davantage»
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Une vie bouleversée – parole de vie… – semaine 21

Etty Hillesum (15 janvier 1914, déportée et décédée à Auschwitz, en novembre (?) 1943)
Une vie bouleversée, Seuil, 1985

«Et je me sens imbriquée dans la vie qui est grande, bonne, passionnante, éternelle, et à s’accorder tant d’importance à soi-même, à s’agiter et à se débattre, on passe à côté de ce grand, de ce puissant et éternel courant qu’est la vie.» (p.90)

«Je trouve la vie belle, digne d’être vécue et riche de sens. En dépit de tout. Cela ne veut pas dire qu’on se maintienne toujours sur les sommets et dans de pieuses pensées. On peut être brisée de fatigue, d’avoir longtemps marché, d’avoir passé des heures à faire la queue, mais cela aussi c’est la vie – et quelque part en vous, il y a quelque chose qui ne vous quittera plus jamais.» (p.143)

«La vie est belle et pleine de sens dans son absurdité, pour peu que l’on sache y ménager une place pour tout et la porter tout entière en soi dans son unité; alors la vie d’une manière ou d’une autre, forme un ensemble parfait.» (p.149)

«C’est peut-être l’expression la plus parfaite de mon sentiment de la vie: je me recueille en moi-même. Et ce «moi-même», cette couche la plus profonde et la plus riche en moi où je me recueille, je l’appelle «Dieu» (p.207). […] De fait, ma vie n’est qu’une perpétuelle écoute «au-dedans» de moi-même, des autres, de Dieu… A vrai dire, c’est plutôt Dieu en moi qui est à l’écoute.» (p.208).

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Question de printemps… – Parole de vie – semaine 20

Je me suis penchée sur la fleur, je l’ai contemplée…
Je l’ai vue s’ouvrir, s’épanouir, puis mourir, mourir sans un bruit…

Un oui à la Vie,
Un oui au temps qui passe,
Un oui au temps qui efface.

La voilà!…
Et déjà elle n’est plus.

D’un seul rire la fleur de sa vie remercie.
Et le temps efface son souvenir, aussi…

Je me suis penchée sur mon cœur, une question a fleuri:
«Qui aime dans la fleur?»

– Michèlle Chaubert

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Paroles de vie – semaine 19

«La marche en silence n’a pas qu’une vertu thérapeutique…
Elle est la manière de guérir le monde de ses mots».

«La vie est un mystère qu’il faut vivre
et non d’abord un problème à résoudre»
– Gandhi

«Dieu ne se tient pas dans une maison de maître.
Il s’abrite dans une cabane faite de planches suffisamment mal ajustées pour que la lumière s’y faufile»
– C. Bobin, Ressusciter

Image: seasonspics CC by-nc-nd